28 décembre 2018

    Le fonctionnement d'un moteur hybride

    L’idée de marier différentes techniques pour optimiser l’efficacité « auto-mobile » remonte au début du siècle précédent. Mais à l’époque la technologie galopait derrière la matière grise sans aucun espoir de la rattraper ; il a fallu patienter jusqu’à la fin des années 90 et l’évolution de l’électronique et des batteries pour donner naissance aux véhicules hybrides que nous connaissons aujourd’hui.

    Silence et propreté d’un côté, puissance et autonomie de l’autre, les premiers à avoir cru à l’hybridation sont les constructeurs Toyota et Honda, toujours leaders sur le secteur. Réfléchissant depuis longtemps à l’après thermique, ce sont eux qui ont poussé leurs laboratoires de recherche et développement à mettre au point des bi-motorisations fiables, économes en carburant, respectueuses de l’environnement. Sans entrer trop dans le détail de la technique, que faut-il retenir des systèmes actuellement proposés sur le marché ?

    Rechargeables ou non rechargeables ?
    Deux grandes catégories se disputent vos faveurs, les hybrides non rechargeables (type Toyota Prius full hybrid) et les hybrides rechargeables (comme la VW Golf GTE capable de rouler une cinquantaine de km en 100% électrique). Le distinguo entre les deux est important : il détermine votre niveau d’autonomie en mode tout électrique et, corollaire important, le coût de votre futur véhicule… on n’a rien sans rien ! Mais revenons aux fondamentaux. L’idée de l’hybride part du constat suivant : les gros moteurs consomment beaucoup, remplaçons-les par des plus petits, plus sobres. Et remédions au gap de puissance via une motorisation électrique au couple immédiatement disponible ; un avantage particulièrement appréciable au démarrage comme dans les côtes. Résultat, en ajoutant sa poussée à celle du moteur thermique, le moteur électrique contribue à obtenir des performances plus que respectables. In fine, l’hybridation permet non seulement d’utiliser un moteur thermique plus petit, mais aussi de le faire tourner plus fréquemment à son régime de rotation optimal. Et de bénéficier ainsi du meilleur rapport entre puissance et consommation.

    Comment rouler en tout électrique ?
    Revenons sur les deux types d’hybrides évoqués plus haut :

    • Sur les full hybrides, le moteur électrique soulage le moteur thermique et recharge la batterie avec l’énergie cinétique créée lorsqu’on lève le pied. Mais la batterie, de faible capacité, ne peut assurer seule la propulsion que sur quelques kilomètres. Les full hybrides existent sous de multiples variantes en fonction de la puissance du moteur thermique, de la capacité de la batterie comme de l’implantation de la partie électrique (en parallèle ou en série, contre la boîte de vitesses ou bien entre les roues arrière).
    • Sur les hybrides rechargeables, les batteries, plus conséquentes, permettent de rouler plus longtemps en tout électrique. Rechargeables sur secteur,* elles sont plus sophistiquées donc plus onéreuses : la Toyota Prius rechargeable coûte par exemple 8 500 euros de plus que sa petite sœur full hybride. Mais elle a un gros avantage, elle ne consomme pas, ou très peu de carburant sur des petits trajets urbains ou péri urbains. Notons à ce sujet que les hybrides rechargeables seront autorisées à circuler dans les zones réservées aux véhicules électriques (les centre villes zéro émission par exemple) contrairement aux autres hybrides. Un critère à prendre en compte si vos activités vous amènent à beaucoup circuler en ville.

     

    Le Diesel pratiquement absent
    On le voit, pas facile pour les constructeurs de combiner l’envie de maximiser l’autonomie électrique de leurs hybrides rechargeables et la nécessité de rester dans des gammes de prix de vente raisonnables….Reste une question, pourquoi si peu de moteurs Diesel sur les hybrides ? D’abord pour des raisons historiques : on l’a vu, ce sont les Japonais qui ont porté l’hybridation sur les fonds baptismaux ; or au Japon, on ne roule pas au Diesel (véhicules utilitaires lourds exceptés). Ensuite pour des raisons de business, les hybrides étant pendant de longues années majoritairement exportées vers les Etats Unis très peu friands de Diesel. En France, certains constructeurs ont relevé le défi avec des fortunes diverses ; aujourd’hui c’est Volvo qui s’attaque au sujet. Mais avec un Diesel de moins en moins bien accueilli, pas sûr que ce soit une très bonne idée.